MONTEDIDIO

prix Femina 2002

 

Dans les années 50, un jeune Napolitain de 13 ans reçoit un cadeau de son père, un « boomerang » en acacia qu’il enfouit dans sa poche.

 

De la terrasse de Montedidio, il rêve de le faire voler comme un voyage de l'enfance vers la maturité ; le temps de laisser mûrir les mots, la voix et le corps, le temps de laisser mourir la mère et de laisser naître un autre amour. C’est le temps de l'adolescence et de l’éveil de la conscience. Il a acquis la complicité silencieuse de Rafaniello, cordonnier juif et bossu, échappé du génocide, qui répare les chaussures et ne se fait pas payer, dans l’attente de déployer un jour les ailes de sa bosse pour se rendre à Jérusalem. « Il dit qu’il faut chanter, pour donner de l'air aux pensées, sinon, enfermées dans la bouche, elles moisissent ». Toutes les histoires que raconte Rafaniello, l’adolescent les écrit sur un rouleau de papier, journal intime dont le personnage central est la ville de Naples avec ses ruelles étroites et son quartier de Montedidio. Là, on résiste en Napolitain mais l’on sort de la pauvreté en Italien. Là se mêlent au quotidien la magie et le sacré, la douceur à l’amertume, le surnaturel au réel. Du haut du toit, le soir de la Saint- Sylvestre, tout vole en éclat, le boomerang s’envole, lancer symbolique qui emporte le passé, l’enfance et Rafaniello dont il ne restera que des plumes et une paire de chaussures.

 

EXTRAIT DE TEXTE : « Rafaniello volera et tous les esprits viendront le saluer, nos esprits sont curieux un cordonnier avec des ailes, ils veulent l’effleurer. Les esprits ne savent pas voler, ils peuvent seulement faire un peu de vent. » Erri de Luca

 

 

"Pour parler de Naples, ville à la fois envoûtante et mélancolique, drôle et onirique, j’ai fait appel à un scénographe napolitain, à la fois plasticien et sculpteur qui a travaillera sur des matières transformées par les acteurs.

La maison avec son nid sur le toit sera le refuge des adolescents, l’espace rêvé du livre, des linges flottent sur les fils, de là sortiront les personnages tels des apparitions, en fond de scène le Vésuve symbole de l’éruption volcanique qui engloutit tout à chaque instant donnant cette sensation de précarité et de qui vive aux protagonistes de cette histoire à la fois fragiles et combattants.

L’espace scénique blanc fait de tissu et d’aluminium, de plumes et de matelas, se transformera au fil de la dramaturgie. Un orgue de barbarie sera à la fois, instrument de musique, machine à bois et rouleau d’écriture, sur lequel s’inscrit l’histoire de l’enfant.

Le spectacle sera traversé par le cinéma italien des années 50. Le spectacle oscillera entre le passé et le présent, le rêve et la réalité sur une musique originale de Gerardo Jerez Le Cam. Le magicien Abdul Alafrez accompagnera les cinq acteurs dans leurs métamorphoses pour donner vie à ces anges de la mémoire.

Dans cette adaptation, j’ai cherché à restituer la sensibilité d’Erri de Luca, son onirisme, son amour de l’autre mais aussi la dimension sociale de l’œuvre. La transmission de la langue d’origine, la coupure qui s’établit entre la culture des ancêtres et celle du pays d’accueil ou de la langue dominante est un sujet central dans le texte et nous renvoie à la source des conflits actuels. L’éducation, l’attachement à la langue, la discrimination par le manque d’instruction traversent les situations du texte et nous renvoient à celles d’aujourd’hui." Lisa Wurmser

 

 

 

"C'est simple et beau. Lisa Wurmser a su trouver le fil, entre féerie et réalités âpres. Un théâtre bricolé qui met le sourire aux lèvres et du rêve plein la tête". telerama.fr - Sylviane Bernard-Gresh

 

"C'est joli, simple comme un album d'enfance. Lisa Wurmser a réussi à être concise sans rien sacrifier". Le Figaro - Armelle Héliot

 

"Non, on ne reprochera pas à Lisa Wurmser son goût manifeste pour les écritures à fort tanin d’onirisme et d’humour mélancolique, magnifiée ici, par toute l’équipe des comédiens. Une de ces belles et trop rares soirée de théâtre". WT – Webthea - Dominique Darzacq

 

"Ce spectacle offre l’occasion d’un beau voyage dans l’univers onirique et symbolique de cet émouvant roman". La Terrasse - Catherine Robert

 

"Avec une épatante distribution, Lisa Wurmser parvient à créer une atmosphère propre à l'expressionnisme merveilleux qui se démarquent radicalement tant de la tragi-comédie napolitaine immortalisée par Eduardo de Filippo que du néoréalisme italien". Froggy's Delight

 

"Tout dans ce spectacle participe à la magie, au rêve et au surréalisme aux accents felinesques parfois". Actualité juive

 

"Aussi Lisa Wurmser réussit-elle, par l’union des lumières, des couleurs et des sons, à émouvoir la sensibilité du spectateur séduit par la richesse du spectacle". eTVDES – revue de culture contemporaine - Célia Bussi

 

"Lisa Wurmser nous propose une mise en scène imaginative, et ses acteurs une interprétation juste et poétique, d’un grand, d’un très grand texte. C’est un spectacle simple, beau et élégant..." MECIC 2013

 

 

 

de Erri de Luca

Adaptation, mise en scène Lisa Wurmser

Traduction Danièle Valin

avec Chad Chenouga, Andrea de Luca, Léa Girardet, François Lalande, Jérémie Lippmann

Mise en scène et adaptation Lisa Wurmser

Scénographie Michele Iodice assisté de Carla Celestino

Costumes Marie Pawlotsky

Musique originale Gerardo Jerez Le cam

Musiques enregistrées Iacob Maciuca, Gerardo Le cam

Chorégraphie Gilles Nicolas

Création lumière Pascal Sautelet

Accessoires Emmanuelle Daverton

Fabrication machines Olivier de Logivière

Création Vidéo Yvan Blanloeil

Voix Serge Magiani

Maquillage et perruques Mityl Brimeur

Magie Abdul Alafrez

Présence filmique Vittoria Scognamiglio, Samuel Caviglia-Brunel, Chad Chenouga

Direction technique Alain Deroo

Régie lumière Muriel Sachs

Régie son et vidéo Julien Reboux

Atelier de construction Corto circuito (Naples)

 

Production Théâtre de La Véranda. Coproduction La Comédie de Picardie, Le théâtre de Bonneuil-sur-Marne.

©THÉÂTRE VERANDA